Tout se passait merveilleusement bien et chaque instant étais à la hauteur de mes espérances. Mais, ce que j'attendais le plus, avec angoisse et impatience, c'étaient les élections présidentielles; j'étais aux États-Unis au moment où allait s'opérer l'un des plus grands tournants de l'histoire de l'Amérique.
Les trois premiers mois, bien que la politique soit abordée presque dans chaque conversation, je ne ressentais pas encore toute la pression qui pesait sur les citoyens. Cependant, j'étais très souvent « balancée » entre ma famille et leur amis, fervents admirateurs d'Obama, et mon club Rotary dont tous les membres, à une exception près, voulaient voir gagner McCain.
En tant que petite Belge, j'étais bien sûr en parfait accord avec ma famille d'accueil et ravie de pouvoir partager espoirs et opinions avec elle.
Durant les dîners Rotary chaque mardi, je me taisais et écoutais leurs arguments: « Obama is black, It is scary. Our country isn't ready for a black President », « With Obama, We'll have to pay more taxes », « McCain will stand for us and our country. We don't want change! », etc. Alors que le jour-j arrivait, l'un d'eux a même annoncé: « If Obama wins, I'll fly away; to Australia or New Zeeland, I don't know yet but some conservative country! ».
Au fur et à mesure que le temps passait, la tension montait dans les conversations et un petit nombre de disputes éclataient. J'étais cependant ravie de constater qu'à l'école, les trois quarts des élèves et professeurs étaient pour Barak Obama! Je prenais part aux conversations, j'écoutais attentivement tous les arguments et j'étais heureuse de voir que beaucoup de gens se rendaient compte à quel point leur pays avait besoin de ce changements longtemps repoussé et craint, ne fut-ce que pour une meilleure compréhension du mot « différence ».
Pourtant, je dirais que les Américains n'ont pas la même lucidité que ceux qui vivent en dehors du pays et voient tous les jours les conséquences des décisions prises par les USA et le Président Bush. C'est en prenant un problème de l'extérieur, en prenant de la distance, que l'on arrive le plus souvent à de bonnes solutions.
Le jour des élections, je suis allée voter avec ma maman d'accueil et on m'a permis de regarder le processus de vote. J'étais excitée.
Le soir du résultat des votes, j'étais seule à la maison avec Anna, ma s½ur d'accueil, et nous regardions chacune une série différente sur nos ordinateurs portables pour faire tomber le suspense de la télévision allumée et du programme télé sans cesse interrompu par de nombreuses pages de publicité. Mais en quelques secondes, la publicité s'est terminée et le score a annoncé la victoire de Barak Obama.
Anna et moi étions assez perturbées par la rapidité de la victoire d'Obama et également par l'incroyable différence de points entre celui-ci et McCain alors que tout le pays n'avait même pas encore voté!
J'étais contente, nous riions. Je ne sais pas si c'est parce qu'être étudiant d'échange est comme vivre dans un rêve ou si c'est parce que je ne réalisais pas tout à fait l'ampleur de la nouvelle, mais depuis le début, j'avais toujours su qu'Obama gagnerait. Du moins, je le voulais tellement qu'il en était devenu presque une évidence.
Beaucoup de gens ont sauté de joie ce soir-là, cette nuit-là. Les gens pleuraient pour différentes raisons, le dernier speech de McCain était parfait et l'espoir brillait à nouveau dans les regards. Personne n'est encore parti vivre en Australie, les esprits se sont calmés petit à petit (bien que nombreux sont ceux qui craignent un assassinat) et la vie à continué son cours. Je suis impatiente de voir comment avanceront les choses une fois qu'Obama aura pris sont poste de Président des États-Unis d'Amérique.




